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Ni d’Ève ni des dents – Episode 24

Episode 1 / Episode précédent

Jour 102 – 12 Juillet
17h00

J’aurais aimé prendre le temps d’écrire régulièrement ces derniers jours, mais nous étions trop fatigué.e.s, concentré.e.s sur notre fuite incessante et la crainte ininterrompue de nous retrouver piegé.e.s par des soldats d’un bord ou de l’autre.
Pour résumer un peu les événements :
Il y a quatre jours, vers minuit, les deux armées se sont élan

18h30

élancées, disais-je, l’une contre l’autre, en balançant à peu près tout ce qu’elles avaient d’aviations, de bombardements, de troupes au sol et de véhicules. Il semblerait qu’elles souhaitaient toutes les deux se prendre par surprise à la faveur de la nuit. Autant dire que nous n’avons pas vraiment goûté l’ironie de la situation. Nous n’avons pas vraiment pris le temps de réfléchir. Un peu abruti.e.s par le fracas soudain qui nous a tiré de notre so

19h00

[…]sommeil, nous avons juste rassemblé nos affaires et nous sommes parti.e.s aussi vite que possible vers le nord et notre point de départ, en espérant y trouver un endroit où nous cacher loin des hostilités, puisque depuis le début, il semblerait tout de même que les deux belligérants souhaitent préserver l’endroit d’affrontements qui feraient trop de dégâts au paysage urbain. Ou alors ils n’ont simplement pas eu l’occasion de s’y amuser ensemble. Trop de choses nous échappent encore dans leurs motivations, clairement. Bien que l’affrontement soit passé à une échelle bien supérieure à celle que nous avons connue auparavant, les escarmouches demeurent sporadiques, aussi intenses soient-elles.

Jour 103 – 13 Juillet
8h30

Cela fait donc maintenant trois jours que nous passons nos journées à courir, ramper, nous cacher, , chuchoter, ou hurler sous le bruit des balles. Impossible de savoir si nous sommes des cibles, si nous parvenons effectivement à échapper à la vigilance des soldats ou s’ils n’en ont rien à faire de nous. Mais nous sommes encore en vie et en relative bonne santé. Par contre, nous sommes sales, fatigués et nous avons perdu beaucoup de ressources à force de courses maladroites et d’accidents de parcours stupides. Je m’arrête dès que je peux pour écrire mais nous so

10h00

[…]sommes souvent interrompues par les escarmouches dont je parlais hier. La seule vraie bonne nouvelle, c’est que toute cette activité semble vraiment revigorer Eric, et ses blessures se soignent relativement bien malgré toute notre activité. Il arrive même à articuler quelques mots depuis hier, et ses mains semblent recouvrer un peu de capacité de préhension.
Par contre, au rythme auquel nous progressons, il va nous être très compliqué d’atteindre la ville assez vite pour notre confort. Nous ne cessons de tourner dans tous les sens à force de rencontres fortuites et dangereuses. Mais le moral demeure bon pour le moment, compte tenu des circonstances.

Jour 106
Fin de Matinée

Bon, c’est bien la merde, quand même. Fanny a perdu la foi d’écrire jour après jour, l’exercice est devenu un peu trop stérile et répétitif, je prends le relai. On a dû réussir à avancer que de quelques malheureux kilomètres depuis qu’on s’est barré.e.s de la petite ville où le Cérébral a fait son petit carnage. Soyons positifs, je sens bien que je suis complètement de retour, malgré le mal de chien que j’ai à tenir ce foutu stylo et ma difficulté ponctuelle à penser droit ; mais franchement, ça fait trop de bien pour pinailler. Comme si d’avoir dû sauver les filles m’avait ramené toute mon individualité et ma personnalité d’un coup, comme en déclenchant un interrupteur caché. Bref.
D’une certaine façon, on s’amuse bien dans cette nouvelle routine. On avance un peu, on entend des coups de feu, on s’allonge, on attend, et on recommence. En quelques jours seulement je suis devenu un pro de l’abattage de drones, je me suis fait une fronde avec ce qu’il me restait d’une manche de chemise qui s’est déchirée sur une branche d’arbre. Bon évidemment, je dis « on s’amuse bien », c’est une façon comme une autre de relativiser le fait qu’on pourrait bien se prendre une balle perdue sans y faire gaffe à toute heure du jour ou de la nuit et qu’on ne peut dormir que d’un œil, à même le sol les trois quarts du temps, mais vous saisissez l’idée. Le changement de rythme est somme toute revigorant, là où on s’était un peu installé dans une certaine forme de routine, l’instinct de survie reprend complètement le dessus. Quelque part, ce serait presque revigorant, on trouve ses petites victoires là où on peut hein.
J’aimerais juste qu’on arrive à avancer une bonne fois pour toutes. Mais à ce propos, il semblerait qu’il y ait une légère accalmie dans les affrontements depuis tôt ce matin, on va essayer d’en profiter. En avant.

Jour 109

Eh bah on est pas plus avancé… Quel merdier mes aïeux, quel joyeux merdier !
Par où commencer le bilan des trois derniers jours. On va se contenter de tout balancer comme ça me vient, j’ose espérer que vous saurez me pardonner mon manque de précisions. Il est possible que je me plante sur la chronologie de certains événements. Mais vous comprendrez vite pourquoi.
On est parti vers le nord donc, espérant profiter d’une pause dans les hostilités, qui n’a pas durée plus d’une heure au total. On a marché genre 35 minutes avant de devoir se jeter dans le fossé de la petite route de forêt qu’on avait décidé de suivre, à cause de la colonne de camions qu’on avait entendu débouler à pleine balle derrière nous. Aux motifs du camouflage, on a pu déterminer qu’ils étaient dans  »notre camp », donc on s’est un peu détendu : eux ne se reposent pas autant sur l’usage des drones, donc on avait beaucoup moins de chances de se faire repérer. Mais les camions faisaient un tel boucan, sans compter l’hélico qui est passé au dessus en même temps, qu’on n’a pas entendu la voiture civile qui suivait, un peu plus loin derrière. Sans doute  »réquisitionnée », elle contenait deux gradés qui en nous voyant ont paniqué et tenter de nous écraser, nous prenant sans doute pour des soldats ennemis en embuscade. Mais le coup de volant était trop brusque, et sur le gravier du sentier de forêt, ça n’a pas pardonné, ils sont partis en tonneau, pour s’encastrer directement dans un arbre. Notre premier réflexe a été de tenter d’aller les secourir, mais le seul des deux qui avait survécu, en me voyant ouvrir sa portière, a voulu m’allumer avec son flingue ; la faute de ma gueule d’infecté et de mes blessures au visage j’imagine. Ou alors il était très raciste. Ç’a été mon tour de paniquer, et j’ai juste voulu lui prendre son arme et l’assommer avant qu’il ne puisse me blesser. Mais il était tellement affaibli que je l’ai sans doute tué sur le coup. Quoique, vu l’étendue de ses blessures après un tel accident,  »achevé » serait sans doute un terme plus approprié.
Ce qui me sidère le plus étant notre pragmatisme, touchant presque à l’insensibilité, dans les secondes qui ont suivies. Sans un mot, pas même un bruit ni un regard, nous avons eu le même réflexe. Piller la voiture, récupérer tout ce qui pouvait avoir l’air de nous être utile, et déguerpir en vitesse. Il ne nous a pas fallu plus de 30 secondes. Nous avons tout juste entendu certains des autres véhicules dans le convoi de tête revenir vers le lieu de l’accident que nous étions déjà loin dans les bois. Et en l’absence de traces d’attaque sur le véhicule, ils n’ont probablement pas pensé à autre chose qu’un bête accident. Peut-être se sont-ils rendus compte que des choses manquaient, mais trop tard pour nous prendre en chasse. En tout cas c’est notre hypothèse, puisque personne n’a semblé nous courir après dans les temps qui ont suivis. D’autre priorités les ont peut-être distraits aussi, c’est possible.
Mais on n’a pas vraiment eu le temps de se préoccuper de ça sur le moment, on était trop occupé à courir, bien sûr. Détail amusant, on était tellement concentré sur l’idée de fuir qu’on n’a pas vraiment réfléchi à la direction dans laquelle on était parti.
Et du coup, eh bien… on est tombé sur une patrouille de soldats de l’autre camp. Et Francis.

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