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L’Héritage du Rail, Morgan Of Glencoe

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Le principal souci de commencer une saga littéraire lorsqu’elle débute et qu’on l’aime bien, c’est que le temps passé à attendre la sortie de la suite se fait relativement plus long et difficile que pour un livre qu’on doit se contenter d’attendre d’acheter. Dans le cas de L’Héritage du Rail, la suite de l’excellent Dans l’Ombre de Paris, j’ai dû attendre très très longtemps, avec un sentiment grandissant d’excitation et d’appréhension. Car le temps passant, mon sentiment envers le premier tome de La Dernière Geste ne faisait que se faire plus tendre et ému, il faut bien le dire. Comme il faut bien dire que je flippais sévèrement de me retrouver déçu à la lecture du deuxième tome, autant pour moi que pour l’autrice que j’apprécie particulièrement, comptant son roman et sa personne comme deux rencontres importantes dans mon parcours de lecteur et libraire.
Reçu il y a peu, attaqué avec un franc enthousiasme et dévoré en quelques jours à peine ; le verdict est sans appel. Si le premier tome était très bon, celui-ci est excellent ; borderline phénoménal. Et je m’en vais tenter, une fois de plus, de me débattre avec le tourbillon de sentiments qui est le mien pour vous en livrer une vue aussi claire que possible afin de rendre justice au mieux à un roman d’une qualité qui le mérite amplement.
Dernier appel avant départ, tou·te·s à bord ! *Coup de sifflet*

Nous reprenons exactement là où nous étions arrêté·e·s à la conclusion du premier volume, et premier point fort, la reprise se fait en douceur mais pas sans rythme ; c’est à dire de façon à raccrocher les wagons (*wink wink*) des événements du premier tome sans avoir à trop se prendre la tête à tout se remémorer, sans pour autant perdre du temps en re-exposition fastidieuse. Autant dire que je me suis très vite senti à la maison, et que je n’ai pas craint une seule seconde m’ennuyer, au contraire. Tout ce que j’avais aimé du premier tome est là, avec seulement du mieux. Honnêtement, je pourrais presque m’arrêter là tant j’ai été soufflé par la confiance qui exsude des mots de Morgan of Glencoe, donnant à sa prose un supplément d’âme, une force et une grandeur que je me serais trouvé audacieux d’espérer à la lecture du premier volume. Et bien que cela puisse passer une pour une pique, il n’en est rien, bien au contraire. Ce premier tome était vraiment très bon, je crois l’avoir suffisamment dit ; mais si je n’avais pas vraiment peur que son successeur soit moins bon, je n’aurais jamais cru que le deuxième puisse à ce point se hisser au dessus de lui dans tous les domaines. Là où je trouvais Morgan of Glencoe douée, je la trouve désormais d’autant plus impressionnante, et mes compliments d’avant ne sont que magnifiés par les progrès réalisés. Car écrire un bon roman est une chose, en écrire une suite qui remplit et excède ses promesses en est une autre.

Et, puisqu’il ne sert à rien de se voiler la face, commençons par ce qui concentre l’essentiel de mon amour pour ce(s) roman(s) et en constitue le moteur essentiel, qui explique sans aucun doute pourquoi je vais désormais perdre en objectivité lorsqu’il s’agira d’évoquer le travail de Morgan of Glencoe – roulement de tambour : les personnages. Bien entendu. Quelles constructions, quel souffle, et surtout quelles incroyables dynamiques. Tout, absolument tout de ce roman, à mes yeux, tient à ces personnages à leurs luttes intérieures, et surtout à la maestria avec laquelle l’autrice les écrit, page après page, sans jamais se dédire ni les trahir, les rendant pour leur immense majorité si diablement attachants. Car si, pour moi, le premier tome tenait à Yuri et son besoin de découvrir le monde au delà de ce qu’elle croyait en connaître et à sa nécessaire remise en question ; le deuxième s’attaque à la question ô combien délicate, pour tout le monde, de savoir ce qu’on décide d’être une fois qu’on l’a découvert. Maintenant que le monde se présente à toi, quelle place vas-tu décider d’y prendre, et quels moyens vas-tu employer pour ce faire ? Et pour se faire rien de mieux que de démultiplier les faisceaux à faire sortir du prisme de la fiction.
Et si on s’éloigne un peu, voire beaucoup, de Yuri pour prendre du recul sur l’ensemble du récit et en décentrer les enjeux, on ne perd certainement pas au change, puisqu’on gagne en perspectives, en inclusion et en immersion ce qu’on « perd » en singularité. Et franchement, j’ai rarement lu un roman-chorale aussi bien se tenir, tant en terme de cohérence que de rythme. Tous les personnages ont un souffle incroyable, une complexité folle, sans jamais nous perdre ni s’égarer en chemin dans des complications stériles ou artificielles. Au contraire, tout fait sens et alimente l’intrigue en même temps que les réflexions annexes au récit lui-même, par ce superbe effet de miroir déformant que j’aime tant dans l’Imaginaire. On sent que ce roman est fortement inspiré, volontairement ou non, des luttes qui agitent notre monde à nous, et le traitement qui en fait est à la fois intelligent, subtil et rafraîchissant. Il y a là un personnage, une situation ou un dialogue pour interpeller chacun·e de ses lecteurices sans exception, si ce n’est plusieurs.

Car si on peut parfois reprocher aux romans dénonçant les injustices de trop appuyer le trait ou d’être dans la leçon plutôt que dans la proposition. L’Héritage du Rail, à cet égard, se pose dans un entre-deux assez malin, du même acabit que celui que j’avais salué dans Les Seigneurs de Bohen. L’idée n’est pas tant d’être la frontalité, qui souvent est sujette à trop de maladresses prenant le risque de perdre le propos en route, mais plutôt dans une forme douce d’inclusivité qui esquive élégamment les questions glissantes pour simplement exprimer quelques évidences de façon presque passive, au premier plan parfois, mais plus souvent dans l’arrière-plan ou le temps d’un dialogue innocent. Il n’est pas question de s’attaquer au sujet en soi, mais plutôt de montrer à quel point il n’en est pas un dès-lors qu’on accepte d’ouvrir son esprit à d’autres schémas mentaux que ceux auxquels on s’est habitué. Et pour moi, quand je lis un roman qui aborde des thèmes sur lesquels, clairement, je pense déjà être convaincu, mais qui parvient plus d’une fois à me faire repenser à ces questions et à m’interroger sur le bien-fondé de mes certitudes ; je ne peux que sourire avec respect et force contentement. Si je lis des romans d’Imaginaire, c’est pour être bousculé autant que renforcé dans mes opinions. Morgan of Glencoe est de cielles qui parviennent, par la force de l’abstraction, à régulièrement me ramener à la réalité, juste le temps nécessaire pour me poser les bonnes questions, avant de me replonger dans son récit.

Car si j’ai pris le temps de saluer ses personnages et ses reflets politiques, l’univers de La Dernière Geste comme l’intrigue qui s’y déroule ne sont pas non plus exempts d’éloges, au contraire ; à l’instar du style toujours aussi élégant de son autrice, qui a su plus d’une fois me faire perdre mes obsessions d’analyse au profit d’une fièvre de lecture insatiable. Déjà parce qu’on apprend un peu mieux à connaître ce monde qui n’est pas le nôtre, et qu’il est pour bonne partie aussi dépaysant que fascinant, bien qu’on se concentre avant tout sur cielles qui le composent, créant – il faut bien l’avouer – quelques frustrations par le manque relatif d’environnements nouveaux. Mais surtout parce que beaucoup des questions posées dans Dans l’Ombre de Paris trouvent enfin leurs réponses, bouclant habilement une grande partie des enjeux présentés afin de laisser la place à ce qui se prépare pour les suites à venir. Et autant dire que je sais déjà ne pas être prêt. Car si Morgan of Glencoe, de toute évidence, aime profondément une très grande partie de ses personnages et leur laisse à tou·te·s le temps de nous prouver qu’iels sont, malgré tous leurs défauts, rempli·e·s de réelles qualités, elle n’hésite jamais, lorsque le destin et la logique le commandent, à les faire souffrir. Et pas qu’un peu, en nous entraînant dans la boucle, bien entendu. Comme j’ai déjà pu le dire, je crois que la catégorisation Young Adult tient avant de sa qualité à aller parfois droit au but en ne s’embarrassant pas de justifications ou atermoiements parfois superflu·e·s, comme le ferait parfois une littérature plus « adulte » (ce sont de très gros guillemets). À cet égard, si j’aime beaucoup la douceur des personnages de Morgan of Glencoe et la délicatesse de sa plume, j’apprécie tout autant sa lucidité et sa capacité à régulièrement de pas se voiler les yeux ni les mots, pour ponctuellement nous balancer la réalité en travers de la tronche avec d’autant plus de crudité qu’elle contraste violemment avec le reste de son récit.

Je crois que je n’aurais pas pu être plus clair. Si vous avez aimé Dans l’Ombre de Paris, je ne peux absolument pas concevoir que vous n’aimiez pas L’Héritage du Rail. Ce serait votre droit le plus absolu, bien entendu, mais je n’arriverais sans doute pas à le comprendre pleinement. Ce roman est richissime, rempli de bonnes idées, de séquences mémorables, de moments de grâce littéraire : entre rires, larmes, rêves, stupéfaction et épiphanies. C’est follement malin et c’est incroyablement moderne ; avec les implications les plus flatteuses que je peux imaginer. J’ai d’abord retenu le nom de Morgan of Glencoe parce qu’elle avait osé se faire de la pub pour son premier roman sous un tweet d’un de mes auteurs favoris, et je me retrouve quelque chose comme un an plus tard à vous dire qu’elle est sans doute un nom à retenir pour l’avenir de l’Imaginaire francophone. Ne serait-ce que parce qu’elle est déjà un nom à retenir pour son présent. Quand le hasard toque à votre porte, il ne faut pas être dans le bain avec la musique à fond. Je suis absolument ravi d’avoir ouvert cette porte (la métaphore s’arrête là), et je vous souhaite une découverte aussi enthousiaste que la mienne.
Maintenant, je vous laisse, je vais aller me ronger fiévreusement les ongles en attendant le troisième tome avec une confiance renouvelée et désormais aveugle. (Je tacherai de continuer à lire d’autres bouquins, quand même, dans l’intervalle).
#SauvezEdwige

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles.

2 comments on “L’Héritage du Rail, Morgan Of Glencoe

  1. muriellerochebrunet dit :

    Waouh, quel enthousiasme communicatif … et incitatif 🙂

    Aimé par 1 personne

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