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Town 3 – Passeurs, Rozenn Illiano

Coliandre, toujours scandaleux de talent.

A Touch Of Evil – Judas Priest (extrait de l’album Painkiller)

Ce que j’adore avec le travail de Rozenn Illiano – en dehors du fait que je prends beaucoup de plaisir à le lire, évidemment – c’est qu’il me permet très souvent de réfléchir en profondeur à mes goûts littéraires, mais aussi aux mécaniques qui y participent. Car comme je j’avais dit dans ma chronique d’Elisabeta, nul doute qu’elle travaille très dur pour parvenir à donner un tel sentiment de facilité. En effet, au bout du troisième tome d’une tétralogie, je n’aurais pas été étonné, surtout après un volume aussi percutant qu’Oracles, d’une malencontreuse perte de vitesse, par simple effet de contraste.
Or il s’avère que Rozenn Illiano maîtrise excessivement bien son art, et qu’elle ne laisse rien au hasard. Si le fait d’avoir été prévenu par ses soins que les T3 et 4 et Town constituaient un diptyque singulier, presque un roman coupé en deux, avant de les lire, m’a aidé à mieux appréhender Passeurs, je suis certain que j’en serais venu à cette conclusion par moi-même.
Vient donc le moment où je paraphrase des compliments déjà formulés auparavant histoire d’essayer donner le change, mais où surtout je tente de creuser un petit peu l’analyse histoire de donner un semblant de consistance à la chronique. Je dois admettre qu’au bout d’un moment, si vous n’avez toujours pas compris que les bouquins de Rozenn Illiano, c’est de la bonne, je peux plus rien pour vous, et je dois juste avouer mon impuissance.

L’Apocalypse n’a donc pas eu lieu, par un étrange concours de circonstances. Il s’avère qu’Oxyde n’est pas étranger à l’affaire, même si son parcours comme toujours tortueux l’amène à considérer les évènements avec beaucoup de regrets et une éternelle culpabilité. Il lui faut désormais retrouver Lucifer, autant pour obtenir des réponses indispensables que pour tenter de récupérer ce qu’il estime devoir lui revenir de droit. Bien entendu, sa quête passera par Town.

Commençons par l’évidence, à savoir Oxyde. Toujours la même classe torturée, les mêmes états d’âmes permanents mais qui sonnent justes, et ces rapports humains difficiles avec tout ce qu’il faut de badassitude et d’humanité pour assurer un attachement émotionnel organique et crédible, sans perdre en enjeux ni effacer l’intrigue principale et ses méandres derrière d’éventuelles facilités d’écriture. À vrai dire, ce serait même l’inverse. Je demeure toujours aussi sidéré de la capacité assez unique de Rozenn Illiano à faire des rapports entre ses personnages des éléments d’intrigues à part entière, et pas seulement de la chair sur le squelette des événements qu’ils vivent. C’est un sentiment assez difficile à rationnaliser, mais le fait qu’elle travaille aussi précisément les sentiments de ses personnages afin de motiver leurs décisions dans tous les domaines fait que tout ce qu’on lit devient important. Un détail dans un dialogue, un rappel à des événements passés, tout est un potentiel indice pour la suite des péripéties de nos personnages, qu’on veut donc suivre autant pour ce qu’ils vivent que pour eux-mêmes, parce que les deux sont intimement liés à toutes les étapes. Pour tout ce qu’Oxyde peut apporter au récit, le fait qu’il soit si bien entouré rend ses aventures d’autant plus captivantes à suivre, précisément parce qu’il n’est pas seul.

Pour ce qui est de ces aventures, précisément, il faut noter une petite baisse de rythme par rapport aux volumes précédents, mais sans que ce soit un problème, au contraire ; après l’accélération initiale, je dirais qu’il est temps de passer à la vitesse de croisière. Il se passe certes moins de choses, mais comme je le disais, l’intérêt qu’on a investi dans les personnages et leurs atermoiements font que le manque d’action n’est pas un problème du tout, c’est même un intérêt supplémentaire dans le récit. À cet égard, on pourrait aussi comparer Passeurs à une grande respiration, à une prise d’élan pour la conclusion à venir dans Clairvoyants ; une prise de recul globale sur tous les enjeux qui nous ont été présentés jusque là et les perspectives qui en découlent. L’intelligence de Rozenn Illiano est alors de creuser un tout petit peu plus afin de créer un suspense cruel mais diablement divertissant, nous poussant à sans cesse tenter d’anticiper ce qui va se passer en rabattant le voile à chaque fois qu’on croit l’avoir assez soulevé pour voir ce qu’il cache.
On se prête alors au jeu des hypothèses plus ou moins fantaisistes, en devant se contraindre dans le cadre que l’autrice a créé, en dehors de nos repères habituels, qu’ils soient narratifs ou conceptuels, avec la joie de savoir que tout fera sens avec rigueur. Car comme je l’ai déjà dit, la confiance est une ressource précieuse en littérature. D’autant plus dans ce texte qu’il renforce encore l’intertextualité générale du Grand Projet, révélant quelques petites choses ça et là, complétant des pans de la cosmogonie générale à coup de détails d’importances diverses, mais toujours dans le sens du récit et sans aucune artificialité. On comprend des choses passées, on se projette en avant, et je crois qu’en fonction de ce qui a déjà été lu, le plaisir est d’une intensité équivalente, changeant simplement de nature en fonction de ce qu’on sait, croit savoir, ou cherche à savoir. Toujours l’impression grisante de lire une démiurge à l’œuvre, ne laissant jamais rien au hasard, nourrissant la confiance qui nourrit la joie ; un cercle vertueux.

De par ses nature et fonction de suite, forcément, Passeurs ne me laisse pas grand chose à rajouter par rapport à ce que j’ai déjà dit ; les compliments à faire à Rozenn Illiano sont toujours un peu les mêmes, l’important c’est qu’ils demeurent inévitables. C’est toujours aussi sensible intelligent, et surtout, surprenant ; pas un mince exploit. Son univers s’étoffe encore un peu plus, tout comme son casting, et tout ça promet une fin de tétralogie explosive, en terme de révélations comme d’implications pour le reste du Grand Projet ; sans parler des émotions. À tel point que moi qui n’avait pas prévu d’enchaîner les deux derniers tomes, j’ai déjà remonté Clairvoyants tout en haut de ma PàL, et je compte bien vous en parler aussi tôt que possible. En espérant que je trouverais d’autres compliments un peu neuf à formuler à cette occasion. J’ai confiance.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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