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Trilogie Sénéchal – Tome 2, Grégory Da Rosa

Saints Of The Blood – Black Veil Brides (extrait de l’EP The Night)
Princess Of The Dawn – Accept

Bon, oui, d’accord, j’ai clairement mis beaucoup trop de temps à continuer ma découverte de la trilogie Sénéchal, plus d’un an après le premier volume. Vous-mêmes vous savez, comme on dit, on découvre quelque chose d’un peu exigeant, on est agréablement surpris mais on a quand même peur de pousser plus loin, on repousse l’échéance, ce qui augmente la peur en l’agrémentant d’angoisses nouvelles, entre potentiel oubli des enjeux ou perte de repères ; une bonne vieille spirale infernale. Mais j’ai fait confiance à ma mémoire et à mon ressenti positif de l’année dernière pour me motiver à enfin me replonger dans les aventures de Philippe Gardeval.
Pour le dire vite : hot damn.
Pour le dire moins vite et plus précisément, chroniquons.

Fort logiquement, nous reprenons là où nous nous étions arrêtés à la fin du volume précédent, et autant dire qu’à Lysimaque, la vie n’est toujours pas rose pour Philippe Gardeval en cette fin de troisième journée du siège Castellois. Et si ma crainte principale était clairement de ne plus m’y retrouver dans le bordel géo-politique et intra-politique de la cité, en complément des états d’âme du Sénéchal, j’ai très vite été rassuré. Parce que Grégory Da Rosa, il est doué. Et de ce fait, il a su intriquer avec autant de malice que de subtilité tous les éléments essentiels passés dans le renouvellement des intrigues entamé dans ce second volume. Entre les dialogues et l’exposition naturelle, j’ai très vite recollé les morceaux, ne me posant des questions que pour en trouver les réponses dans les lignes ou pages suivantes, ou alors les voir s’épaissir dans le flot retrouvé d’un récit qui finalement ne m’avait jamais vraiment perdu.
Il faut sans doute aussi saluer à cet égard le rythme effréné mais incroyablement maîtrisé du récit fait par Philippe Gardeval, sachant cristalliser à la perfection l’urgence et la pression des événements de ces quelques jours, tout en intégrant plutôt intelligemment le format du journal écrit à la narration, avec à la fois plus de profondeur et de cohérence que dans le premier volume, en tout cas il me semble. Tous ces éléments mis ensemble ont fait que j’ai été nettement plus embarqué dans le récit que la première fois, peut-être parce que j’étais plus habitué à la personnalité complexe et somme toute attachante du Sénéchal, sachant maintenant faire fi de son verbiage dépaysant ; ou simplement parce que la plume de l’auteur a tant progressé entre ces deux volumes, je ne saurais vraiment dire.

Ce que je saurais dire, par contre, c’est que Sénéchal II fait partie de cette catégorie de roman qui ont su me faire siffler d’admiration dans ma tête à plusieurs reprises, frisant même la vocalisation à d’autres. Ce roman est de ceux qui me font regretter de ne pas pouvoir parfois prendre une photo mentale exhaustive de certains de ses passages pour pouvoir en ressortir à l’occasion la substantifique moëlle. Entre certaines citations que je me suis mis de côté et certain·e·s dialogues ou portions de narrations, ce roman est perclus de moments de bravoure absolument parfaits dans leurs intentions comme dans leurs exécutions. Des moments d’autant plus admirables qu’ils jouent sur deux tableaux, à la fois à l’échelle de l’intrigue, intriquant brillamment le world-building à cette dernière, mais aussi en guise de miroirs déformants posant de superbes questions sur notre monde au travers de celui de l’œuvre. En soi, rien de nouveau dans le concept, malgré l’excellence de la mise en œuvre par Grégory Da Rosa, mais il est tellement rare pour moi d’être interrogé indirectement avec une telle acuité que j’en pose mon livre à côté de moi le temps de réfléchir à la question, et surtout sans me sentir assailli par la question, mais bien habité. Très sincèrement, sans aller dans les détails, l’une des séquences centrales du roman autour de la religion m’a absolument mis une claque mentale par sa sincérité, sa finesse et sa force de frappe. (Et pourtant j’ai lu les premiers tomes de Terra Ignota. Comme quoi c’est toujours une question de cadrage.)

C’est sans doute la preuve formelle, parmi d’autres, de la qualité de mise en contexte et en atmosphère de ce récit, que de voir à quel point, malgré tous ses défauts « médiévaux », Philippe Gardeval a su m’émouvoir, pris au piège d’un bordel sans nom dont il n’est que très minoritairement responsable (en apparence du moins, il reste un volume, on ne sait jamais). Ce que je trouve sans doute le plus fort dans la façon qu’a Grégory Da Rosa de narrer son histoire, c’est d’avoir su instaurer une sorte de distance technique et émotionnelle entre l’intrigue, son personnage et le lectorat. Quand bien même Philippe Gardeval est clairement confus et perdu dans un labyrinthe de sentiments contradictoires et d’intrigues et de mensonges, tout est clair pour nous, malgré les mystères ; au moins nous pouvons conjecturer avec un peu plus de recul et de sang-froid que lui, tout en faisant preuve d’une empathie qu’il semble mériter. Et tout cela ensemble, encore une fois, fait que j’ai été embarqué comme rarement, avec force et envie, poussé par la curiosité maladive de savoir exactement de quoi il est question dans ce foutu royaume pourri jusqu’à l’os, entre son passé, son présent et son futur, au travers des yeux merveilleusement humains d’un personnage qui a du souffle à revendre. Sans compter que ses interrogations personnelles nourrissent tout à la fois notre intérêt pour lui, son destin, celui du monde qu’il habite, et projette ponctuellement sa lumière sur le nôtre au passage.

Bref, bref, bref, c’était absolument formidable, dans un registre dont je n’ai absolument pas l’habitude. Toutes les qualités du premier volume et beaucoup de ce que j’y voyais comme des défauts effacé ou atténué. J’ai poussé par respect et curiosité intellectuelle plus que par pure affinité et plaisir, j’en conviens bien volontiers ; et je ressors avec un respect largement renforcé et un plaisir revigoré. Bravo moi, mais surtout, grand bravo à Grégory Da Rosa. Parce que Sénéchal, c’est original, constant, cohérent, puissant, et foutrement, foutrement intelligent. J’oserais même dire brillant.
Pour faire plus court et moins superlatif, disons surtout que je vais éviter d’attendre de nouveau 14 mois pour m’attaquer au troisième et dernier volume de Sénéchal.
Oh que non.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

4 comments on “Trilogie Sénéchal – Tome 2, Grégory Da Rosa

  1. Jean-Yves dit :

    Jolie chronique. Je suis content de voir que tu as apprécié, largement plus que moi en tout cas. J’y ai vu beaucoup trop d’exposition (notamment un certain dialogue) et je ne supportais plus l’incapacité du héros à retenir ses sarcasmes et à ne pas retenir les leçons de ses erreurs. J’ai quand même lu le 3e pour savoir 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Ah je trouve au contraire qu’il fait preuve de pas mal de retenue dans ce volume, beaucoup de moments de remise en question ; mais c’est sans doute une question de sensibilité aussi.
      On verra bien ce que la suite me réserve. =)

      J’aime

      1. Jean-Yves dit :

        Je guetterai ton retour avec impatience 😉

        Aimé par 1 personne

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