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Ciel sans Étoiles T1 – Ambition, Yoann Dubos

Watching You – Dance With The Dead (Extrait de l’album The Shape)

Depuis un certain temps déjà, il me semble qu’on a un gros problème en France avec la littérature jeunesse. Un problème qui sans nul doute a un lien étroit avec le problème qu’on entretient plus généralement avec la littérature de genre, en particulier avec l’Imaginaire. Une sorte de mépris, de condescendance généralisée qui relaierait automatiquement tout ce pan de notre culture au rebut, sans examen. Or, mes premières et grandes émotions de lecteur, je ne les ai pas eues en subissant les grands classiques qu’on a fait avaler de force durant mes années scolaires. Certes, j’ai eu de bons moments, mais aucun qui ne puisse rivaliser avec le choc de La Croisée des Mondes de Pullmann, Everworld d’Applegate, ou La Trilogie de Bartiméus de Stroud, pour ne citer qu’eux et elle parmi tant et tant d’autres. Sont ensuite venu.e.s d’autres auteurs ou autrices, dont les histoires s’attaquaient à d’autres ambitions, d’autres émotions, qui me parlaient plus, sans pour autant mépriser ou oublier celles qui avaient pu être les miennes par le passé.
Et je crois très sincèrement que la littérature jeunesse, de genre en particulier, est capable de frapper aussi fort que la littérature dite « adulte », bien que d’une autre façon. J’aime beaucoup la littérature jeunesse pour sa capacité à aller vite, à moins s’embarrasser de détails, à son acharnement à simplement raconter quelque chose comme on la raconterait au chevet d’un enfant. Et parfois, ce changement de rythme est bienvenu, nous ramenant à l’essentiel de la littérature, qui reste, malgré tout de raconter de belles et fortes histoires.

Et aujourd’hui, il est question d’Ambition, de Yoann Dubos, qui m’a été offert pour Noël. La personne qui me l’a offert (et je l’en remercie) ne savait pas que l’ouvrage était catégorisé jeunesse et a d’abord été séduite par la couverture… d’Aurélien Police. Cette histoire tourne à l’obsession. Mais, comme vous l’avez normalement compris, ce ne fut pas un problème, bien au contraire. Ces dernières années, j’ai encore eu quelques occasions de découvrir quelques œuvres jeunesse/young adult, etc… qui m’ont parfaitement conquis, à l’image de la désormais inévitable saga de La Passe-Miroir ou encore Dans l’Ombre de Paris de Morgan Of Glencoe. Tout ça pour dire que je suis rentré dans Ambition avec un a priori parfaitement positif, sans avoir lu le quatrième de couverture, parce que j’adore être totalement surpris.

Dans un monde futuriste aux mains du Conglomérat, un groupement d’entreprises qui a pris le pouvoir sur Terre bien des années auparavant, l’Humanité est soudainement confrontée à un phénomène inconnu qui rend visible toutes les créatures inhumaines qui ont nourri son folklore et ses légendes durant des millénaires et force leur cohabitation.
Et très vite, l’a priori s’est confirmé. D’abord pour l’efficacité du récit. Yoann Dubos maîtrise son rythme et ses effets. En témoigne le prologue, un petit bijou de concision, présentant d’emblée une partie des enjeux de l’histoire à venir, du contexte global et le ton général, avec notamment une séquence que j’assimilerais volontiers – bien qu’avec un léger doute – à de l’humour noir ; délicieux.
Ensuite pour l’ambiance, qui fait volontiers songer à une inspiration libre de l’univers d’un Shadowrun, mêlant habilement les créatures surnaturelles et le cyberpunk. L’hybridation des genres est un succès sans faille, jouant astucieusement avec des créatures aussi connues que peu usitées dans l’inconscient collectif ou même créées de toute pièce (Les Trigmyrs, ça déchire).
Qui plus est, le récit est très bien découpé, alternant l’action, les discussions et les pauses introspectives avec une belle clarté sans jamais perdre son cap. Et bien que ce dernier ne soit pas évident pour les personnages ou le lecteur, c’est tant mieux, il est plaisant d’être perdu quand on peut faire confiance au guide.
Les personnages, précisément, sont la plus grande réussite du roman (on ne se refait pas), en particulier leurs interactions. Mention spéciale à Miranda Clay, personnage centrale dont la gouaille et l’impertinence sont un plaisir perpétuel, notamment dans ses rapports avec ses collègues ; tout comme sa droiture d’esprit et son caractère jovial la rendent très agréable à suivre et à soutenir au fil des pages.
Yoann Dubos s’amuse très bien à se jouer de nos attentes et manipule sans cesse la chronologie du récit, n’hésitant pas à utiliser des ellipses ambitieuses et des flash-backs qui le sont pas moins ; sans nous perdre mais en grisant, floutant nos perspectives et nos certitudes. On avance très vite, on ne prend que très peu le temps de se poser des questions, encore moins d’y répondre, on se contente de tourner les pages pour en découvrir à chaque fois un peu plus, sur un univers qui se construit sous nos yeux, avec un plaisir sans cesse renouvelé et une curiosité dévorante.

Et soudain, c’est fini. Après une conclusion très surprenante, on est arrivé au bout. C’était riche, diablement enlevé, foutrement divertissant… Et un premier tome diablement prometteur. Yoann Dubos signe un premier roman très efficace, prenant, qui contient en germe les promesses d’une saga qui pourrait fort bien rentrer dans mon panthéon personnel, pour peu que les enjeux qui nous ont été présentés dans cette genèse donnent naissance à des romans d’une qualité au moins égale à celui ci. Joyeuse perspective. En tant que lecteur, c’est tout ce que je peux souhaiter, avoir peur d’être déçu, c’est mieux que de ne pas avoir envie d’être surpris.

Au plaisir de vous recroiser,
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles.

4 comments on “Ciel sans Étoiles T1 – Ambition, Yoann Dubos

  1. OmbreBones dit :

    Je suis d’accord avec toi. Cette année notamment j’ai lu plusieurs romans catégorisés jeunesse et ils étaient excellents. C’est dommage de s’arrêter à des étiquettes :/

    Aimé par 1 personne

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