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Ravinger & Ward T1 – La Licorne Assassinée, Céline Badaroux

Butter – BTS

En guise d’intro, faisons court, puisque vous commencez à connaître la chanson, et que je confesse douter un peu de l’utilité de systématiquement la répéter, désormais. Twitter, super rencontres, découvertes à tenter, La Théorie : « ma vie de blogueur est franchement cool – épisode n°138 ».
Pas de blabla, pour une fois, on va aller droit au but, pour expliquer pourquoi j’ai bien kiffé lire ce premier volume des aventures de Ravinger & Ward, bien au delà de ma sympathie pour son autrice (allez la suivre sur ses réseaux, elle roxx, comme disaient les jeunes d’il y a 20 ans).
Bon appetit, comme disent les britanniques.

Ian Ravinger, Blaireau de son état, revient tout juste du Grand Conflit qui a opposé les habitants du Royaume de sa Majesté des Fées à l’humanité. Encore profondément marqué par ce qui lui est arrivé pendant cette période, il recherche un appartement pour retourner à la vie civile. Ses recherches l’amènent à s’installer en colocation avec le jeune Digby Ward, atypique renard aux multiples capacités hors du commun, et aux lubies encore plus nombreuses. Parmi elles, on trouve un goût pour la résolution d’enquêtes. Entrainé par l’enthousiasme de son cadet – et les délicieuses pâtisseries de leur logeuse – Ravinger va découvrir un tout nouveau monde, caché dans celui qu’il pensait connaître.

Autant évacuer d’emblée l’éléphant dans la pièce ; oui, clairement il y a de l’emprunt. Du bon emprunt, ceci étant dit ; une saine inspiration d’autant plus assumée qu’elle est maline et laisse la place à un certain nombre d’ajustements qui apportent tous leur originalité au récit global sans en dénaturer la nature originelle. Et par « ajustements », j’entends bien sûr tout ce qui a attrait au world-building du Royaume magique, sans conteste à mes yeux la plus grande réussite du roman. Car Céline Badaroux est follement créative, que ce soit conceptuellement comme linguistiquement parlant, se faisant régulièrement un grand plaisir (communicatif) de néologiser sans la moindre vergogne afin de personnaliser ses personnages et leurs expressions, ou de donner de la profondeur à un monde qui n’est pas le nôtre et qui, nécessairement, ne parle pas comme nous. Un réel sentiment de dépaysement, par la narration comme les dialogues, quelque chose à quoi je suis très sensible, j’ai assez rapidement été séduit.

Puis conquis par un attachement assez évident aux personnages, un casting somme toute classique – puisque fortement inspiré, forcément – mais avec des spécificités « humaines » qui marchent extrêmement bien ; les rouages de la mécanique sont bien huilés par les motivations et blocages de chacun·e. En somme, ça file tout droit, ç’a un petit goût de page turner. Alors certes, ça file peut-être un peu trop droit, trop vite, par moments ; j’aurais sans doute aimé un peu plus de détails et de construction technique dans la résolution de l’enquête, puisque Ward, en sa qualité de Sherlock renardesque, fait une grosse partie du boulot dans sa tête, et n’est pas du genre partageur. Fort heureusement, l’ambition de Céline Badaroux n’était pas, il me semble, de révolutionner le genre policier, mais plutôt de raconter une histoire d’amitié et d’évolutions partagée sur fond d’enquête, avec beaucoup (beaucoup) de pâtisseries. Du coup, je ne me suis pas senti floué pour un sou, d’autant plus que l’essentiel se suit avec plaisir et qu’on a autant envie de savoir de quoi il en retourne que de comment cela va être tourné, précisément.

Et c’est là que j’ai été le plus séduit, je pense. Bien au delà du jeu sucré du référencement et des inspirations malicieuses, il s’agit toujours de raconter une histoire intéressante. Et je trouve que l’équilibre atteint par Céline Badaroux est assez impeccable, entre l’acidulé de dialogues humoristiques et de personnages hauts en couleur, et l’amer de situations complexes dans lesquels ces derniers sont plongés. Alors certes, on ne craint que peu pour notre petite équipe ou son potentiel échec final, mais cela ne veut pas dire qu’on ne les voit pas lutter avec des forces plus ou moins familières, et cela ne gâche en rien l’expérience, au contraire. Il y a sans doute une comparaison culinaire à faire avec un dessert populaire ; on a beau savoir exactement ce qu’on va manger, il n’y a aucune raison de ne pas en profiter à fond. J’aurais même tendance à dire que le côté pleinement assumé des références multiples à retrouver crée un supplément de complicité avec l’autrice (je ne suis sans doute pas pleinement objectif, à cet égard, je le reconnais bien volontiers), une sorte d’emballage méta comestible autour du dessert lui-même. Le genre de mélange qui donne envie de toujours plus, ce qui explique sans doute une légère mais appétissante pointe de frustration une fois la fin arrivée.

Ouais, j’ai vraiment beaucoup aimé. C’est léger, c’est fin, ça se mange sans faim, oserais-je. C’est fun, divertissant, créatif, attachant, sans verser non plus dans une simplicité vaine, j’approuve. Alors oui, ça pourrait sans doute être encore meilleur avec un filtre un peu plus ambitieux, plus de volume et de technicité, mais à cet égard, c’est plutôt mon problème que celui de l’autrice, qui raconte bien ce qu’elle veut et s’adresse à un public dont je ne fais plus partie depuis une dizaine d’années. Je préfère amplement un roman qui crée un bon équilibre entre ce qu’il prétend accomplir et ce qu’il accomplit réellement qu’un roman qui se rêverait trop haut pour s’écraser d’autant plus violemment qu’il ne mobiliserait pas pleinement les moyens de respecter ses ambitions. C’est bien pour ça que j’ai pris tout le plaisir que je pouvais prendre au fil de ma lecture, et emmagasiné ma hâte de lire ce qui va suivre ; ce roman est sincère et fait précisément ce qu’il revendique vouloir faire. Et de fait, de la hâte, j’en ai stocké un bon paquet, bien rangé à côté de mes paquets de plaisir.
En bref, c’était bien bon, je recommande.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “Ravinger & Ward T1 – La Licorne Assassinée, Céline Badaroux

  1. Yuyine dit :

    « C’est fun, divertissant, créatif, attachant, sans verser non plus dans une simplicité vaine »
    Ok, n’en dis pas plus. Même si c’est imparfait, c’est très très tentant. Je te remercie vivement pour cette découverte.

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Avec très grand plaisir, merci à toi. =)

      J'aime

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