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Saga Chevauche-brumes T1 – Chevauche-brumes, Thibaud Latil-Nicolas

Burn – In Flames (Extrait de l’album I, The Mask)

Que ce soit dit une bonne fois pour toutes : j’aime beaucoup l’Ours Inculte. Malgré quelques différences dans nos préférences générales, il est indéniable que ce cher plantigrade et moi partageons pas mal de goûts communs avec la même ferveur. Et de fait, lorsqu’il m’a très chaudement recommandé de passer par le stand de Thibaud Latil-Nicolas lors des dernières Imaginales pour lui prendre directement les trois tomes de sa saga des Chevauche-Brumes, j’ai été tenté. Très tenté. Sans parler de la rencontre avec l’auteur, qui fût un moment fort agréable et instructif. Pour tout dire, je n’ai finalement résisté à la tentation que parce que j’avais un volume limité d’ouvrages à prendre avec moi, et encore beaucoup, beaucoup d’auteurices à qui prendre des bouquins. Vraiment, ça s’est joué à rien.
Mais le véritable enjeu, évidemment, c’était de savoir, après la lecture de ce premier tome, si j’allais regretter de ne pas avoir pris l’ensemble d’un coup. En dehors de l’habituelle opposition entre grand format et poche qui joue, forcément, indépendamment de la qualité, la réponse est oui. Parce que ce premier tome des Chevauche-brumes, il était assez incroyable. Comme j’ai déjà pu le dire sur Twitter : on s’est pas foutu de ma gueule.

À peine remise d’une difficile mission de sécurisation des territoires à l’ouest du Bleu-Royaume face à des tribus barbares, la neuvième compagnie du Roy, dirigée depuis peu par Saléon, doit déjà repartir. La Brume d’Encre, étrange phénomène dont on ignore encore trop de choses, grossit et se rapproche de la petite cité de Crevet, au nord du royaume, et enfante d’horribles créatures qui menacent la sécurité des habitants comme de l’État. Le temps presse.

On – c’est à dire l’ours et l’auteur – m’a vendu ce roman sur sa volonté d’y mettre en avant ses personnages : un argument de poids pour moi, évidemment ; c’était donc le principal défi que Chevauche-brumes avait à relever avant le reste pour me convaincre. On ne va pas jouer sur un faux suspense de mauvais esprit, c’est évidemment défi relevé. Mais je dirais que sa réussite ne prend pas tant ses racines dans la caractérisation des personnes elle-même, malgré son indéniable organisme et le souffle des personnalités des différents membres de la neuvième compagnie, bien aidé par les changements de points de vue opérés avec malice par Thibaud Latil-Nicolas. Je dirais plutôt que ce qui m’a happé, bien plus que le reste, ce sont leurs interactions ; la fluidité et la qualité des dialogues, les psychologies croisées et leurs influences mutuelles. Si on a évidemment le droit à quelques aperçus bien dosés des pensées ponctuelles de certains de nos personnages, l’essentiel de leurs portraits se fait par l’action et la démonstration. Mon enthousiasme s’explique d’autant par le dynamisme que cela induit dans le récit, que très rarement et à peine plombé par des explications ou de l’exposition, nécessaires mais forcément un peu lourdes dans un univers de fantasy.

Ce qui m’amène par une habile transition à évoquer cet univers, ou plutôt le traitement de ce dernier, autre très gros point fort du roman. J’évoquais dans une récente chronique malheureuse mes réticences avec une fantasy classique trop vieille à mes yeux, un écueil dans lequel Chevauche-brumes aurait pu très facilement et tristement tomber. Après tout, beaucoup de noms, de la magie, des créatures étranges et une compagnie militaire au fonctionnement proche du mercenariat ; il eut été aisé de tomber dans un grimdark que j’aurais été cohérent de mettre au ban de mes préférences. Sauf que très régulièrement, pendant ma lecture, j’ai été aussi agréablement surpris que séduit par bon nombre de petits ajustements qui font rentrer ce roman de plain-pied dans la modernité que je recherche et surtout, que j’aime. Certes, nos personnages tiennent plus, pour la plupart, du anti-héros que du héros, et ont une boussole morale parfois discutable ; mais ont, pour compenser, des parcours, des personnalités et des discussions qui viennent griser le tableau avec une acuité et une concision remarquables. L’auteur a autant l’intelligence de rendre ses personnages humains et complets que de nous donner des repères moraux pour effectivement pouvoir juger de leur fonds en fonction de leurs actions et du monde qu’ils habitent : rien n’est gratuit, et on peut du coup rire et pleurer avec eux en toute connaissance de cause, par pour le principe que ce sont nos protagonistes.
Et dans cette optique, ce roman, bien au delà des questions magiques, m’a paru aussi cohérent que profondément réaliste, ce que je n’avais que rarement croisé jusque là dans mes lectures, en tout cas avec autant d’application et de continuelle réussite. C’est bête à dire, mais lire des soldats souffrir au combat, fatiguer, subir des séquelles durables, devoir composer avec le manque de matériel, la casse et les rivalités intestines, c’est le genre de détails dont je ne pensais pas être si friand tant que je ne les avais pas côtoyés. Contrairement à tous les éléments qui contribuent à la tenue globale de l’univers du Bleu-Royaume, que j’attendais pour le coup de pied ferme, et qui ne m’ont jamais déçu, d’autant plus que je suis assez difficile à ce sujet, et qu’un manque d’explications ou un trop plein peuvent tout autant me faire perdre pied et abandonner ma suspension d’incrédulité. Et là aussi, il faut bien dire que l’équilibre est assez parfait à mes yeux, avec juste assez pour croire ce que je lisais et maintenir en permanence mon envie d’en savoir plus et de me projeter vers le futur de la narration. J’étais autant avide de pouvoir tenter de deviner l’avenir que ravi de comprendre que je pouvais m’être trompé.

À vrai dire, ça faisait assez longtemps que je n’avais pas été aussi tout simplement enthousiaste à la suite d’une de mes lectures, emporté par l’envie d’aller au bout sans m’arrêter. Ce qui rapproche l’expérience Chevauche-brumes de celle de Notre Dame des Loups : une lecture tout à la fois diablement divertissante, menée tambour battant par l’action et des personnages qui n’ont pas le droit au repos, mais aussi ponctuée de moments de réflexion et d’humanité foudroyantes. Si on ajoute à ça une exigence de réalisme et de cohérence qui crève les yeux et une claire volonté de renouveler les codes du genre de la fantasy avec des dynamiques plus en phase avec l’air du temps, on se retrouve à mes yeux avec quelque chose de très très fort, que je n’hésiterais pas à comparer avec le travail d’un Lionel Davoust et sa Messagère du Ciel. Si vous me connaissez, vous savez que ce n’est pas un maigre compliment, surtout en pensant à toutes les autres comparaisons que cela peut amener derrière. Oui, j’ai tant aimé ce premier tome des Chevauche-brumes que ça, oui.
Est-ce que je vais m’empresser de me jeter sur les deux tomes suivants ? Non, j’ai trop de choses à lire de partout, et je le regrette, parce que c’est de ma faute uniquement. Mais je sais que le deuxième volume va très bientôt sortir en poche, et là, oui, à ce moment là, je me jetterai dessus comme un mort de faim.
Rendez-vous est pris.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

10 comments on “Saga Chevauche-brumes T1 – Chevauche-brumes, Thibaud Latil-Nicolas

  1. L'ours inculte dit :

    Copain !!

    Aimé par 1 personne

  2. Jean-Yves dit :

    C’est convaincant, d’autant plus que j’ai les mêmes réticences que toi. Combien de tomes prévus en tout ?
    Merci pour ce retour 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      C’est une trilogie, tout est sorti en grand format ches Mnémos, et le deuxième sort chez FolioSF en février. =)

      Aimé par 1 personne

  3. Yuyine dit :

    Tu vas tellement adoré les deux suivants qui sont encore meilleur que ce premier volume. Quelle chance de pouvoir encore découvrir cette série 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      J’ai si hâte. Je sais que je suis pas prêt.
      J’en reviens pas de la baffe que j’ai prise.

      J’aime

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